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3 Ce qu’un réflex peut faire et qu’un bridge classique ne pourra pas faire !

3 Juin 2015

Ce qu'un réflex peut faire et qu'un bridge classique ne pourra pas faire ! 

Cet article se propose de montrer que  si le bridge permet de jouer sur les performances exceptionnelles de son zoom avec une qualité de photo tout à fait honorable,  il ne peut pas rivaliser avec l'appareil réflex (ou un appareil SLT) sur le plan de la maîtrise de la profondeur de champ, du rendu des nuances de couleurs, ainsi que de la qualité des photos en basse lumière ...


Nous avons vu dans un article récent qu'un bridge classique récent avec un capteur de petite dimension permettait grâce à la puissance de son zoom ​de réaliser des photos qu'il serait difficile de réaliser avec un réflex, sauf  pour des passionnés de photo très fortunés ...

Nous avons vu aussi, dans un autre article,  qu'avec un bridge classique, il était possible d'obtenir des arrière-plans flous agréables, très doux, en jouant sur la puissance du zoom qui permet de limiter la profondeur de champ et grâce à un angle de vue très faible qui limite le contenu de ce qui apparaît en arrière-plan​.

Dans un autre article, nous avons pu voir  qu'il est possible de réaliser des photos "macro" de bonne qualité avec un bridge classique, grâce à une position macro de l'appareil permettant d'approcher à moins d'un centimètre de l'objet à photographier.

Mais il y a des domaines dans lequel le bridge classique ne pourra pas rivaliser, et notamment :

- la maîtrise fine de la profondeur de champ​

- ​la qualité de nuance des couleurs et la dynamique

- la qualité des images en basse lumière

1 . La maîtrise de la profondeur de champ​

​Voici un exemple de ce qu'il est possible d'obtenir, en terme de profondeur de champ (arrière-plan flou faisant ressortir le sujet principal)  respectivement avec un bridge, ici le Nikon P600 :

Nikon P600 (focale de 50mm)

puis avec un appareil SLT de Sony le Alpha A58 (une sorte de réflex - voir ici l'article consacré à  ces appareils) équipé d'un objectif à focale fixe, très lumineux, le 35mm f/1.8 (équivalent 52mm en format 24x36) tout d'abord à pleine ouverture (f/1.8)  :

Sony A58 + 35mm (équiv. 52mm en 24x36) -  f/1.8

... puis en réduisant un peu l'ouverture (f/2.8), ce qui favorise une  meilleure netteté au cœur de la rose, tout en préservant un bel arrière-plan :

Sony A58 + 35mm (équiv. 52mm en 24x36) -  f/2.8

​Le résultat est évidemment beaucoup plus plaisant avec le réflex qui permet d'obtenir facilement (notamment grâce à la possibilité de l'équiper d'optiques fixes très lumineuses) un arrière-plan flou, agréable à l’œil.

​2 . La subtilité des couleurs

Voici l'exemple d'une rose (Crimson Glory pour les connaisseurs) photographiée avec le Nikon P600 et avec  le Sony A58. La photo du A58 est un jpeg obtenu par traitement du fichier Raw par DXO Optics Pro 10 :

Nikon P600

Sony Alpha A58

Les couleurs sont beaucoup mieux rendues par le A58 qui procure des couleurs plus justes, plus saturées et avec une dynamique chromatique plus étendue (42215 couleurs dans cet extrait du Sony A58 contre 24337 couleurs pour le Nikon P600). Le côté velouté notamment est beaucoup mieux rendu par le A58.

​3. La meilleure montée en sensibilité - performances en basse lumière

Voici des photos d'une scène test qui contient des  ​couleurs, des textures  variées, des objets de taille différentes ... Ces photos ont été prises à 3200 ISO. Les fichiers Raw du Sony A58 ont été traités par DXO Optics Pro 10 qui fait des merveilles dans le traitement du bruit pour les hautes valeurs ISO, notamment avec son algorithme Prime. Voir cet article qui aborde le sujet du débruitage des photos très bruitées.

Nikon P600 - 3200 ISO

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Sony Alpha A58 - 3200 ISO - Raw traité par DXO Prime

Meilleur rendu des couleurs pour le SLT par rapport au bridge :

Nikon P600 - 3200 ISO

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Sony A58 - 3200 ISO - JPEG natif

Sony A58 - 3200 ISO - Raw traité par DXO Prime

Plus de détails, plus de finesse et beaucoup moins de bruit pour l e SLT :

Nikon P600 - 3200 ISO

Sony A58 - 3200 ISO

Nikon P600 - 3200 ISO (taille 100%)

Sony A58 - 3200 ISO (taille 100%)

Autre exemple en faveur du Sony A58 (SLT) :

Nikon P600 - 3200 ISO

Sony A58 - 3200 ISO

Nikon P600 - 3200 ISO  (taille 100%)

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Sony A58 - 3200 ISO (taille 100)

Ces exemples sont parlants et montrent une supériorité nette du réflex (et du SLT) sur le bridge classique pour la montée en sensibilité rendue nécessaire dans les environnements peu lumineux. Ces photos prises à 3200 ISO montrent que le SLT est capable de restituer beaucoup plus de détails que le bridge et de mieux restituer les couleurs ; ses images sont aussi beaucoup moins bruitées (bruit de chrominance, bruit de luminance).

CONCLUSION

Nous avons vu dans un article récent qu'un bridge classique récent avec un capteur de petite dimension permettait grâce à la puissance de son zoom ​de réaliser des photos de qualité honorable qu'il serait difficile de réaliser avec un réflex, sauf  pour des passionnés de photo très fortunés capables de s'offrir de longues optiques à des prix très déraisonnables ...

Mais l'article présent montre clairement qu'il y a des domaines dans lequel le bridge classique ne pourra pas rivaliser, et notamment :

- la maîtrise fine de la profondeur de champ​

- ​la qualité de nuance des couleurs et la dynamique

- la qualité des images en basse lumière​ (plus de finesse, de couleurs et beaucoup moins de bruit)

​Tout ceci ne surprendra pas le photographe expérimenté, mais il peut être utile de le rappeler pour des amateurs moins avertis. 

Le bridge et le réflex (ou le SLT) ont chacun leur domaine de prédilection ... et c'est pour cette raison que l'auteur de cet article disposent des deux !

Et maintenant à vous de jouer !


1 Des capteurs photo pas comme les autres Avancées techniques et perspectives.

25 Mars    2015

Des capteurs photo pas comme les autres

Avancées techniques et perspectives

Cet article vise à présenter des avancées, des nouveautés ou des projets concernant les capteurs qui apportent des améliorations notables sur le plan technique pour donner au photographe des outils de plus en plus performants avec des limites repoussées.



25/03/2015

Vers des capteurs courbes ?

Les capteurs photos sont plans, c'est bien connu, et pourtant cela entraîne des complications pour les optiques qui sont placées en amont de ces capteurs. Les lentilles de l'objectif vont avoir tendance à former une image sur une surface courbe dite surface de Petzval (schéma ci-dessous) ...

... ce qui implique l'ajout de lentilles pour remédier à ce problème qui rend floue l'image en bordure de champ.

Certains chercheurs ont eu l'idée de s'inspirer de la structure de l’œil humain qui derrière les structures optiques (cornée, cristallin, iris) utilise des capteurs disposés sur une surface courbe (cellules à cônes et à bâtonnets organisées sur la rétine):


Ce qui conduit à envisager l'évolution suivante qui propose de passer d'un capteur (sensor) plan à un capteur courbe :

Cette géométrie permettrait de réaliser des objectifs plus simples, de meilleure qualité, pour un coût plus raisonnable.

Mais il y a d'autres avantages pour ces capteurs courbes : des gains de sensibilité importants, des réductions de l'aberration sphérique qui serait réduite grâce à la forme même du capteur, permettant au passage l'usage d'optiques plus lumineuses qu'il n'est possible de le faire avec des capteurs plats.

Sony vient de présenter un capteur expérimental de type CMOS dont​ la fabrication associe un procédé de chauffage/refroidissement à un procédé de diminution de pression qui va permettre d'utiliser un capteur plan, de le positionner dans un "encadrement", de le déformer (par voie thermique) et d'orienter cette déformation dans le bon sens (par la création d'une dépression) :

Voici ce prototype de Sony :


Les premières retombées prévisibles sont pour

- les appareils à grands capteurs dont les objectifs pourront être plus compacts et légers

- les smartphones, qui pourront être équipés soit de capteurs un peu plus grands, soit de meilleurs objectifs tout en conservant un encombrement réduit.




15/03/2015

Les capteurs X-Trans de Fujifilm

Les composants du capteur X-Trans II


1. Micro lentilles

2. Filtres colorés X-Trans

3. Filtres d'interception gauche/droit de la lumière

4. Capteur de détection de phase / Pixel filtre vert

5. Photodiode

Le capteur X-Trans CMOS II intègre une matrice de filtres colorés originale bénéficiant d'une répartition plus aléatoire éliminant la nécessité de recourir à un filtre passe-bas optique (OLPF). Ce type de filtre est utilisé sur les appareils conventionnels pour éviter les effets de moiré au détriment de la résolution. La matrice du capteur X-Trans CMOS II est traversée par une lumière non filtrée issue directement de l'objectif pour proposer un niveau de résolution sans précédent.

De la matrice de Bayer à la nouvelle matrice du capteur X-Trans :​

Matrice de Bayer

Matrice X-Trans

4 photosites = 2 x 2
Matrice de Bayer

36 photosites = 6 x 6
CMOS X-Trans

Les filtres couleur généralement utilisés dans les capteurs d'aujourd'hui utilisent la matrice de Bayer. Il s'agit d'une matrice répétitive de grilles de 2x2 (4 photosites) se composant d'un photosite R (rouge), de deux photosites V (vert) et d'un photosite B (bleu), disposés selon un motif régulier.
Une matrice de 6x6 a été développée par Fujifilm pour le X-Pro1 afin de casser le caractère cyclique de la matrice 2x2. Elle dispose de 36 photosites (6x6), créant une combinaison plus complexe comparée à la matrice de Bayer afin de réduire considérablement la régularité du motif répétitif. La complexité de cette matrice est suffisante pour empêcher la présence de moiré dans la plupart des cas.

Les avantages du capteur X-Trans sont bien réelles. Elles se traduisent par une grande finesse des images, une grande justesse des couleurs et des contrastes, mais surtout par une montée en sensibilité remarquable. Un Fujifilm X-T1, mais également un Fuji X-E2 doté du même capteur (et moins cher), rivalise avec des appareils tels que le Nikon D610 doté d'un capteur plein format 24x36 dans les hautes sensibilités : voir par exemple l'extrait ci-dessous tiré du "comparomètre" de l'excellent site Imaging Resource.   

Fujifilm X-T1 (ou X-E2) - 6400 ISO

Nikon D610 - 6400 ISO

On constate une qualité d'image proche pour les deux appareils, avec toutefois une plus grande finesse des détails avec le D610 (24 millions de pixels pour le Nikon contre seulement 16 millions de pixels pour le Fuji). Par contre l'image délivrée par Fuji est moins bruitée (surtout en terme de bruit chromatique).

Sans oublier que les capteurs x-Trans de Fuji sont associés à des objectifs au minimum très bons, et la plupart du temps excellents. Ces objectifs peuvent être coûteux, mais ce coût apparaît assez raisonnable lorsqu'on le compare à des optiques de qualité comparable des consurrents.




15/03/2015

Les capteurs Foveon de Sigma

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E

Cell content

Le capteur d'image directe Foveon X3 des appareils numériques SIGMA enregistre, pour chaque pixel, les trois couleurs qui composent la lumière : le bleu, le vert et le rouge. Les autres capteurs utilisent un filtre qui ne permet à chaque pixel de ne voir qu'une seule couleur : soit bleu, soit vert, soit rouge. L'image capturée par les reflex SIGMA est donc une image vue intégralement en couleurs par le capteur, alors que les autres appareils photo numériques restituent une image calculée, reconstituée à partir d'informations partielles correspondant au tiers de l'information totale de l'image réelle. Il en résulte une très grande qualité d'image, et un rendu des détails plus riche que celui d'un capteur conventionnel qui comporterait au moins le double de pixels "classiques" obtenus par interpolation. En effet, un capteur conventionnel de 10 millions de pixels n'enregistre que le tiers de l'image finale, avec 2,5 million d'informations en bleu, 5 millions en vert et 2,5 million en rouge et calcule donc les 2/3 de l'image qui lui manquent lors de la capture. L'image issue des appareils numériques SIGMA est plus précise, avec en particulier plus de détails dans les couleurs, plus naturelle, et sans artefacts tels que le moirage.

En pratique, le capteur Foveon de Sigma délivre (ici sur Sigma DP2 Quattro ) des images d'une très grande finesse comme le montre l’extrait ci-dessous (extrait tiré du comparomètre d'Imaging Resource) :

Foveon                                                                                                                 100 ISO                                                                                                                        X-Trans

​Par contre ce capteur, dans des environnements sombres qui vont nécessiter l'utilisation d'une sensibilité élevée, s'effondre complètement comme le montre l'évolution ci-dessous (comparaison avec le capteur X-Trans). Le même extrait est présenté à 100, 1600 et 6400 ISO. Le capteur Foveon fournit un excellent résultat à 100 ISO, avec une très grande finesse et des couleurs éclatantes. Ici il devance clairement le capteur X-Trans ...

Foveon - 100 ISO

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X-Trans - 100 ISO

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... mais l'image à 1600 ISO est très dégradée. En fait même le petit capteur d'un compact (1/ 2/3 ") fournirait un résultat nettement plus satisfaisant ...

Foveon - 1600 ISO

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X-Trans - 1600 ISO

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... et à 6400 ISO l'extrait devient une bouillie jaunâtre inacceptable. Pourquoi ne pas limiter la montée en sensibilité de l'appareil plutôt que de fournir un pareil résultat ?

Foveon - 6400 ISO

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X-Trans - 6400 ISO

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Ce capteur présent dans le Sigma DP2 Quattro doit donc être réservé à des environnements lumineux où il fournit des photos d'une qualité exceptionnelle (photos en extérieur par beau temps ou en studio).